Quand il s'agit de spiritualité certains semblent prétendre, comme les stoïciens, que les émotions sont à bannir et qu'il ne faudrait plus en ressentir. D'autres acceptent seulement les émotions positives car elles élèveraient les vibrations et refuseraient les émotions négatives car elles auraient l'effet contraire.
Faut-il tenir compte ou pas de nos émotions ?
Les émotions nous parlent de nous et de nos interactions avec le monde. Je ne crois pas que l'on doive les diaboliser et les repousser. Tout simplement parce qu'elles font partie de nous et de notre fonctionnement. Y mettre un couvercle qu'il soit d'ordre social ou spirituel ne change rien au fait que se couper de la vie en nous (émotion venant du latin motio qui signifie mouvement) c'est donc de couper de soi, de son âme mais c'est aussi très risqué.
Le premier risque c'est le fameux syndrome bien connu de la cocotte minute ou de la goutte d'eau faisant déborder le vase. Les émotions non évacuées vont s'accumuler et finir par s'exprimer de manière bien plus forte et dévastatrice, parfois malgré nous. Car notre volonté, comme le barrage d'une rivière, finit par ne plus être suffisante.
Le second risque c'est, à force de se couper de ses émotions, de ne plus savoir où l'on en est, qui l'on est etc. Car nos émotions sont aussi une boussole très efficace, reliées à notre intuition et à notre âme pour nous aider à distinguer ce qui est bon pour nous de ce qui ne l'est pas. Elles nous permettent de trouver la bonne direction.
Le troisième risque c'est que, comme le dit Jung, "Ce qu'on ne veut pas savoir de soi-même finit par arriver de l'extérieur sous forme de destin". Pour certains, les émotions ensevelies peuvent finir par provoquer des maladies, par exemple. Et bien d'autres mésaventures...
Le quatrième risque c'est celui de devenir une marionnette manipulable à souhait. Puisqu'elles nous enseignent ce qui est bon pour nous et ce qui ne l'est pas, si on ne les écoute pas il est plus facile d'accepter de la part de l'extérieur (les autres, une autorité quelconque, la publicité etc.) des choses qui ne nous conviennent pas... Tout en croyant le contraire. D'où chez certains un malaise diffus difficile à raccrocher à quelque chose.
Il y a d'autres dangers à ne pas écouter ses émotions, comme celui de manquer de compassion et de ressembler d'avantage à une machine sans cœur qu'à un être humain.
Bien sûr mieux vaut cultiver les émotions positives en nous et rester, quand cela est possible, du côté ensoleillé de la vie. Pour reprendre le titre de cette chanson que j'aime bien "stay on the sunny side of life" :
Mais le côté négatif a aussi besoin d'être accueilli et entendu car il a lui aussi des choses à nous apprendre. Le tout est donc de le faire dans l'écoute et la bienveillance sans se laisser déborder par ces émotions-là. En ayant, par exemple conscience, que c'est une tempête, un orage qui ne fait que passer. Si nous écoutons le ou les messages qu'elles ont à nous délivrer ces émotions cesseront de s'accumuler et seront évacuées, digérées. L'orage cessera même plus rapidement et un sentiment de paix, d'équilibre et de calme intérieur ne tardera pas à revenir.
Je crois donc que nos émotions, même négatives, peuvent nous aider à mieux nous connaître nous-mêmes, à nous respecter et même à avancer dans notre spiritualité. Mais nous avons tout un travail à faire en leur compagnie : distinguer celles provenant de blessures à guérir, de celles qui sont de simples messagers émanant de notre âme, de celles qui sont provoquées par l'ego et nos croyances limitantes.
De plus c'est une caractéristique de l'énergie féminine en nous. Les hommes la répriment souvent et pourraient peut-être gagner à la laisser un peu plus s'exprimer. Les femmes qui ont adopté un mode "masculin" de fonctionnement, de peur d'être infériorisées, moquées etc. et qui les tiennent à distance ont tout à gagner à se réconcilier avec cette énergie et à se la réapproprier. Ignorer ses émotions conduit à se blesser et à blesser les autres également.
Elles nous offrent l'opportunité de mieux nous connaître, de mieux nous respecter. Or faire la paix en nous c'est déjà faire un pas pour contribuer à la paix à l'extérieur.
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